mercredi 28 mai 2008

C'est trop facile.

Je soulève un peu de la poussière qui reste sur le bureau.
Une certaine envie de dormir, bien familière, à présent. Tout semble vide, et tout l'est.
Ca continue ici, au moins il y fait beau.

mercredi 21 mai 2008

- C'est ici que tout prends fin -


Tu te terres dans un coin. Tu aimerais qu'on t'oublie, mais ce serait trop beau. On sait toujours que tu es quelque part, et on est prêt à remuer ciel et terre pour te retrouver. Chaque fois.
Tu te recroquevilles. Tu espères sûrement te fondre à l'intérieur de toi-même, disparaître, devenir petit, si petit, que jamais plus on ne te verra.
Non, plus jamais. Pour qu'on t'oublie, que enfin personne ne pense plus jamais à toi. Et que tu n'ai plus à y penser non plus. Plus réfléchir au pourquoi de l'affaire. Pourquoi tu devrais te soucier de ce que tu portes, ce que tu es.
Plus envie d'accorder d'importance. Fermer les yeux et partir, loin. Sans aucune conscience, dériver lentement.
Mais c'est impossible, et tu le sais, ça encore. Tu en es sûr, mais rêver a toujours été ton défaut. Ton incompréhension notoire de la réalité. Ton appréhension constante de la fin. Du moment où la bulle éclate, en fait.
Donc tu attends. Coincé, meurtri, au fond. Parce qu'on ne veut pas te comprendre, on ne peut pas te comprendre, puisque tu te terres. Continuellement. C'est simple de sortir, qu'on te disait.
Tu n'en as jamais cru un mot. Tes mains griffent le mur, un de tes ongles se brise, et mord ta peau. Tu attends toujours. Tes jambes repliées contre ton torse. Tu n'y vois plus, tu as décidé de fermer les yeux, pour te fermer à l'extérieur. Quoiqu'on te fasse.
Ton cerveau ressasse. Retrie, encore. Analyse, malgré toi. Tout ce que tu as fais, aujourd'hui, hier.

Une pierre roule sur le chemin
De poussière ocre,
Deux géants posés passent.

Tu te resserres encore plus contre le mur. Plus d'espace pour respirer, ni pour bouger quoique ce soit. Tu redécouvres la position foetale, et soupire.
Tu aurais voulu faire quelque chose de beau aujourd'hui. Être différent.
Mais chaque jour se succède dans un élan logique, une locomotive à pleine vitesse, un monstre d'acier qui n'aura de cesse de tout broyer sur son passage.
Envers et contre tout.
Tu espères fermer les yeux pour ne plus jamais les rouvrir, te laisser glisser dans la torpeur maladive de tes plus mauvais moments. Espérer, c'est ton fort.
Vouloir fermer les yeux, et ne plus jamais y penser, sans s'en rendre compte, rendre un soupir lassé, unique et véritable, court et éphémère, mais infini à la fois.
Une pente sans fin, qui te mène à la chambre noire. Celle que tu voulais voir, pour la seconde fois. Ouvrir la porte et sortir par les nuages, pour pleinement avoir été.
Laisser quelque chose dans le monde, peut-être pour qu'on se souvienne, oui.
Qu'on se souvienne de toi. De façon éphémère, mais qu'on reconnaisse une existence qui fut.
Après reflexion, tout pelotonné que tu fut, tu sais que ça ne servirait à rien. A quoi bon rester, dans des souvenirs ? Vivre en étant passif, sans même en avoir conscience ? Ce serait mon sursaut d'orgueil, le mortel. Justement.

mardi 20 mai 2008

- L'escalier déroulant -

Vous avez reçu chez vous le rebut de la pédanterie, parce que, dans toutes les professions, ce qu'il y a de plus indigne de paraître est toujours ce qui se présente avec le plus d'impudence.
Zadig, Voltaire.

dimanche 18 mai 2008

- Hotaru -

Frais. Aucune question ne se pose, juste se reposer, rester tranquilles.
Savoir parfois réfléchir calmement, dos posé, tête rejetée en arrière, essayer de toucher les étoiles, avec les yeux. Juste admirer.
Avec la clarté d'un lampadaire, simplement.
Humidité, un pull étendu, et de l'inspiration à trouver.
Au loin, ça commence à resplendir. La Grande. Des centaines de projecteurs, des lucioles enragées, ouais.
Elle se transforme en guirlande, au loin.
Paris, ville de sons et lumières. Une foule étonnée, fraîche, qui découvre, en foulant les pavés, à chaque instant. Des vagues qui se succèdent.
Admiration béate. On pourra dire ce qu'on veut, c'est quand même beau. Malgré tout. D'autres sources lumineuses, toutes aussi éphémères, rendent hommage aux insectes de feu.
Satanés flashs.
Heureusement sans durée.
La lumière a périt, et le ciel s'en lamente.
Fraîcheur nocturne.
Chaque lettre voudrait rayonner en telle.


Sore no koto ja nai yo !

jeudi 15 mai 2008

- Inoubliable, hu ? -

Faible, celui qui esquive.

Fort, celui qui assume. Laisser couler des larmes n'est pas forcément une honte, puisque c'est le seul moyen d'exprimer ce qu'on ressens, au plus profond. Parfois.
Fort, celui qui sait. Celui qui a l'habitude, qui connaît, pour qui tout est coutumier, ancré dans un cercle. Tout le temps.
Fort, celui qui possède. Avoir, c'est avoir compris, un fonctionnement, une idée. Un univers propre.

Voir, c'est saisir.
Sentir, c'est comprendre.
Pleurer, c'est avoir appris.

Faible, celui qui se croit supérieur en affichant une apparente sûreté, qui au moindre contact pourrait s'effriter.
Faible, celui qui aura confiance en sa barrière, puisque rien n'est plus puissant qu'un mot. Une barrière est faite pour être sautée, effacée, à jamais. Rien ne résiste à la marée montante.
Faible, celui qui prendra son prochain comme il est, puisque tout change, et que l'Ephemère est Loi.
Faible, celui qui n'ose pleurer, de peur du ridicule.
Faible, celui qui cherchera à simuler pour attirer l'attention générale. La lâcheté.

Fort celui qui cherchera sa personnalité, défrichera, avancera avec Circonspection, trancha les ronces de l'Indécision.
Fort celui qui se relevera sans se poser de question, et qui acceptera tout. Agir n'est pas utile, quand la Nécessité n'existe pas.

Enfin, Puissant, celui qui aura trouvé l'Equilibre véritable, et manipulera avec grâce sa Vie, selon qu'il l'aura décidé.