mercredi 7 mai 2008

- C'était son monde. -


J'étais couché, à ce moment là.
L'esprit libre, un peu rassuré.
Plus d'inquiétude, mec. Du repos, surtout du repos. Ferme les yeux.
Ca ne sert plus à rien de penser, tu sais, c'est trop de luxe.
Réflechir, stimuler tes neurones pour avoir une suite de pensées cohérente.
A quoi bon, à cinq heures du matin ?
Un mal de crâne lancinant, malgré tout. Mais le cerveau déchargé.
Tu fais parti de la seule race animale qui possède un schéma cognitif suffisant pour se targuer d'être dominante.
Pas donné à tout le monde.
Mais pour ce que ça donne... pas d'intêret.
Je soupire.
Lève les yeux au ciel. Un peu trop d'images dans la tête.
Je vaque dans une dimension autre. Loin de la réalité.
Quelque chose de différent.
Un niveau supérieur, au dessus de ma conscience. Je rève.
Je n'existe plus, mais je suis toujours là. Disséminé. Un peu partout.
Je flotte. Des particules de moi-même se mèlent à d'autres. Je ne sais pas ce que je fais là.
Pas besoin de réfléchir. On est.
Je suis. Nous sommes.
Je le vois flotter, bien entier. Bien là, vivant. Les yeux lumineux, un bonheur, un pétillement insouciant, son regard.
Il souffle, de la brume argentée s'échappe. Sa couronne se baisse sur ses yeux. Il semble rire, sans s'arrêter.
Je voudrais rire aussi, de tout mon être. Me déplier. Rejeter la tête en arrière et inspirer à plein poumons. Mais je ne suis pas là. Je voyage. Je découvre. Je vois.
Poussière d'étoile. Je souris, là-bas, je ne sais pas où.

Je me relève, dans ma chambre. Lui, il m'accompagne, en souriant.
Je soupire. Puis ferme les yeux.
Avant de me frapper la tête contre le sol.

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